36ème étape : de Vega de Valcarce à Padornelo (Alto do Poio)

Mercredi 19 juin 2013  étape de 22 kms Hébergement à l’hôtel albergue Santa Maria do Poio

Lever 6 H 15, petit déjeuner au village.

Aujourd’hui c’est le grand jour, l’étape qui effraie bon nombre de pèlerins. Il faut monter le Cebreiro, sur le schéma donné par les amis pèlerins de St Jean, la pente paraît impressionnante. Le temps est gris et couvert, les nuages sont très bas. A peine sorti du village et après quelques petits hameaux nous rencontrons des cavaliers, nous sommes à Las Herrerias. Ils nous proposent de faire la montée à cheval.  J’aurais dû leur demander le prix.

Nous continuons le chemin mais comme nous avons eu notre compte de boue, nous optons pour le trajet par la route. Cela devrait être plus régulier comme pente car le chemin proposé s’enfonce dans la vallée pour remonter ensuite. Malgré tout, certains passages sont très rudes surtout pour les cyclistes, certains mettent pied à terre.

Il pluvine, nous sommes par moment dans le brouillard. Nous devons aller jusque La Faba. Nous avons la surprise de rencontrer un troupeau de moutons sur la route qui se promène sans berger. Ils nous croisent sans broncher. A croire que les moutons espagnols sont moins peureux que les moutons basques (à moins que les moutons basques rencontrés avant Ostabat n’étaient traumatisés par leur berger un peu comme le chien dudit berger).

Après La Faba le chemin nous mène à O Cebreiro dans le nuage et sous la pluie. C’est épouvantable, nous n’y voyons rien, à peine pouvons-nous distinguer l’église. Un petit coup d’oeil à l’intérieur mais pas trop envie de s’attarder. Le village doit être joli mais dans la brume très dense nous n’y voyons pas grand chose.

Nous passons ensuite à Hospital de Condesa, quelques maisons, un gîte, une petite église en pierre. Ensuite nous retrouvons la boue, les pierres. Quand enfin nous arrivons à Padornelo, quelques pèlerins en attente de l’ouverture d’un gîte nous font espérer être arrivés. Mais non, encore une longue route de bitume avant de prendre un dernier raidillon pas très carrossable et très rude, les pierres roulent et glissent. Il faut se méfier, Andrée peine, le souffle et les genoux.

Enfin nous débouchons sur le plateau au sommet. Nous sommes à Alto do Poio à 1337 m. Il y a 2 hôtels perdus dans le brouillard et rien d’autre. Le nôtre est devant nous de l’autre côté de la rue. Pas terrible. Nous sommes trempés. Les auvergnats sont déjà arrivés, ils ont opté pour le dortoir, nous avons préféré une chambre. Il n’est pas tard et on peut nous servir une soupe puis c’est la douche bien chaude. Problème le sac d’Andrée n’est pas arrivé. Après la douche, elle attend bien emmitoufflée dans les couvertures. Heureusement, le patron l’amène assez vite.

Après le repos habituel, l’après midi va être interminable, on ne voit pas de l’autre côté de la rue et sur place rien à voir, rien à visiter. La chambre est triste et froide, comme tout l’hôtel. Nous descendons au bar, là aussi il fait froid. Nous faisons une partie de cartes avec les auvergnats. Thérèse demande au patron de mettre un peu de chauffage, refus catégorique. Demande d’un peu de lumière, il allume une lampe pisseuse en grommelant. Les australiens sont aussi arrivés dans ce gîte, Suzy pianote sur sa tablette et nous montre ses dernières photos. Elle nous explique qu’ils ont une maisons en Bretagne à l’ouest de Rennes partagée avec d’autres personnes, 6 mois en France 6 mois en Australie à tour de rôle. Ils mettent 32 heures pour le voyage. Ils habitent une île au Sud de l’Australie.

Au souper nous formons une grande table mais toujours aussi froid. La fille de la maison nous sert avec un peu plus d’amabilité que son père. Elle finit d’ailleurs par allumer un chauffage d’appoint. L’hôtel n’est pas de première fraîcheur mais la cuisine est bonne. Il ne faut pas être très regardant sur la propreté qui laisse à désirer. D’autres pèlerins se sont installés à une table voisine. Ils viennent de l’hôtel d’en face et nous avouent qu’il n’est guère mieux que celui-ci.

Par la suite, les landais, Daniel et Isabelle, nous ont dit avoir préféré continuer plutôt que de s’arrêter dans l’un de ces hôtels, mais pour aboutir plus loin dans un hôtel pas plus confortable.

Le passage est à l’image de notre traversée des Pyrénées. Au lieu d’un paysage splendide, nous n’avons eu qu’une vue complètement bouchée dans un brouillard dense. Nous en gardons le souvenir d’une journée morne et triste conclue par un hébergement nul.

 


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