13ème étape : de Pampelune à Puenta la Reina

Lundi 27 Mai 2013 : étape de 25 kms. Hébergement à l’albergue de los Padres Reparados

Comme prévue la nuit fut longue, passage incessant vers les toilettes avec porte qui claque presque chaque fois. A 6 Heures, nous nous levons et après une brève toilette remise en route pour trouver un bar ouvert pour le petit déjeuner. Chou blanc.

Finalement assis dans le jardin public à la sortie de la ville, nous mangeons les restes du sac. Une fois restaurés, nous reprenons le chemin. Nous sommes vite rattrapés par un promeneur. Très gentil, il nous fait comprendre de le suivre pour le petit déjeuner. Chemin faisant, il essaie de nous expliquer l’histoire de la ville et des remparts. Je comprends que sous les jardins il doit y avoir une multitude de cadavres suite aux multiples combats qui s’y sont déroulés.

Arrivés devant une cafeteria, il nous explique que c’est son but de sortie journalier pour prendre son petit déjeuner et lire son journal. Nous le suivons. Il nous laisse commander, s’inquiète de notre confort, puis nous souhaite Buen Camino et s’installe à sa place habituelle.

Dès la reprise, nous passons par le campus universitaire à la sortie de la ville, il commence à tomber quelques gouttes. A Cizur Minor, nous enfilons les ponchos. Les paysages sont différents et étagés, quelques petits villages perchés. Les chemins sont de plus en plus détrempés. Nous passons par des sentiers étroits entre les genêts fleuris. Puis des chemins plus sableux. Nous y rencontrons notre 1ère tombe de pèlerin, un jeune. Tous les pèlerins semblent marqués car tous y font une légère halte.

Après un petit hameau, un chemin est barré par un gros tracteur qui enroche les bas côtés ravinés par la pluie. En frôlant les engins nous parvenons à passer. Les ouvriers rechignent quelque peu à arrêter car les pèlerins sont assez nombreux sur cette portion.

Après cette portion délicate, nous montons vers une crête, toujours entre genêts et bruyères, le sentier devient étroit et très boueux. La pluie est incessante.

Dans un passage particulièrement boueux qui fait bouchon, une pèlerine a dû mal à s’extraire et me donne l’idée de passer par le haut en marchant sur les genêts. Mal m’en prend, je ne suis pas le premier et les genêts sont très glissants. Je finis par déraper et me retrouve en bas de pente où je tombe sur mon bâton. Comme il est en métal très léger, il ne résiste pas et se casse. Heureusement pas de bobo.

Un peu plus loin, petite halte. Un français Noël de Nantes s’arrête pour commenter les difficultés du chemin. A ce moment, une cycliste passe en poussant difficilement son vélo, elle a en charge sur un siège arrière, un bébé. Noël nous explique que le chemin va être aussi difficile jusque Puenta Reina, mais que son topo guide montre la possibilité de descendre par une route bitumée.

Nous arrivons à la Pointe du Pardon, brume et pluie, aucune visibilité. Nous photographions quand même les sculptures métalliques (une scène avec Don Quichotte). Nous décidons de prendre la route indiquée par Noël. Après quelques centaines de mètres, la pluie se transforme en déluge d’eau et de grêles accompagnée de beaucoup de vent. L’eau entre dans les chaussures, nous marchons carrément les pieds dans l’eau.

Un coup d’oeil à l’arrière nous montre un poncho qui nous suit. Toujours sous le déluge, nous rejoignons Noël sous un arbre où s’abrite aussi un jeune corréen, en pull, sans imper, sans poncho et sans lacets aux chaussures qui paraissent trop grandes pour lui. Le pèlerin qui nous suivait nous rejoint à son tour. C’est une tchèque qui suit sans savoir où elle est.

Avec Noël, nous étudions le topo guide pour rattraper Puenta Reina. A ce moment, la dame à vélo vue là-haut arrive et se met à l’abri près de nous pour rajuster le siège bébé et couvrir davantage l’enfant qui pleure. D’autres cyclistes s’arrêtent à leur tour, ensemble ils discutent de la route à suivre.

La dame repart très vite en descendant à contre-sens la voie de sortie de la nationale.

Nous décidons après une accalmie de repartir tous les 5 pour rejoindre la nationale qui doit aboutir à Puenta la Reina. Je propose un blouson au juen cooréen qui le refuse. Au 1er hameau rencontré, nous avons la certitude d’être sur la bonne voie. Nous marchons très longtemps sur cette route toujours sous la pluie.

Enfin Puenta La Reina, notre option semble que le chemin normal puisque les pèlerins vus là-haut sont devant nous. Le 1er gîte de Puenta, un hôtel où les pèlerins sont logés à la cave sans aucune ouverture, est complet. Nous continuons jusque l’albergue de los Padres Reparadores. Déjà la queue, mais il reste de la place. Accueil très froid. On nous octroie 2 lits dans une chambre de 8. Nous y retrouvons les 2 espagnoles de la veille et Noël.

Après la douche, il faut se mettre en quête d’un repas. En faisant le tour rapide des environs, nous découvrons un petit bar restaurant qui accepte encore de nous servir. Bon repas pour 9,90 €. Nous ne sommes pas les derniers, d’autres pèlerins entrent ensuite. Après retour à l’albergue, lessive, petit arrangement avec une autre pèlerine très sympa.

Petite sieste et sortie pour découvrir Puenta et courses pour le dîner. C’est rageant, il fait maintenant super beau, un groupe de jeunes s’étire au soleil à même le bitume devant le gîte. Nous sommes surpris car Puenta s’avère être une petite ville, nous en avons vite fait le tour.

En rentrant, nous avons l’occasion de bavarder avec une pèlerin qui est accompagnée d’un âne. Elle a dû s’arrêter la veille car son âne refusait d’emprunter les chemins. Un gars lui a expliqué que les cailloux lui faisaient mal car la pluie lui a ramoli les sabots. Elle doit les traiter avec un produit à base de goudron. Elle espère repartir le lendemain.

Le soir, nous prenons le repas dans la cuisine de l’albergue. Nous constatons la différence d’ambiance avec les gîtes en France. Beaucoup plus impersonnel, chacun reste dans son coin, ou se regroupe par nationalité.


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